Bruits de vestiaire 

Les Knicks cherchent un matheux pour le triangle

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Puisque ses joueurs éprouvent des difficultés à intégrer le « triangle », son système-obsession, Phil Jackson veut faire appel à un mathématicien de renom pour porter sa voix.

Ces derniers mois, un « mot », seul, se murmure un peu partout dans les couloirs du (bien-nommé pour la circonstance) Madison Square Garden : « triangle ». « Il fait frémir plus d’un en ce moment, confie anonymement un membre du staff des Knicks. Dès que quelqu’un évoque « le triangle », une ambiance bizarre se crée. Un peu glauque. Comme dans le film The Ring, vous voyez ? » Avant d’ajouter avec un certain sens de la déduction : « Sauf que là, c’est pas un cercle quoi. »

Cette atmosphère s’est nouée, consciemment ou pas, depuis l’arrivée de Phil Jackson au poste de président du club. L’ancien entraîneur des Chicago Bulls puis des Los Angeles Lakers a basé une partie de son succès (11 titres) sur ce « triangle ». Sorte de formule magique offensive, apparemment imparable, mais difficilement compréhensible de tous. « Il est littéralement obsédé par ça, confie notre même source. C’est la première question qu’il pose à un joueur qu’il compte recruter : « Tu penses être capable de jouer le triangle ? »

Jackson a donc passé à ce révélateur les recrues de la dernière intersaison, Arron Afflalo, Robin Lopez… Même processus, quelques mois plus tôt, avec la superstar de l’équipe Carmelo Anthony. Un gros challenge, car l’ancien de Denver n’avait pas pour habitude de jouer dans un système complexe. Jouer une trentaine de possessions en un contre un par match lui allait, jusqu’ici, « très bien ». Seul Derek Fisher, un ancien de la « maison Jackson », a été épargné. Avec le succès qu’on lui connaît. Car malgré un début de saison prometteur, avec l’éclosion de la tête brûlée lettone couplée à l’ahurissante « saison de la maturité » de « Melo » (4,2 passes…), les Knicks ont subi un nouveau naufrage.

Mais où est le triangle ?

Dès lors, deux questions s’entrechoquent : est-ce que ces joueurs sont adaptés au « triangle » ? Ou bien l’inverse ? Pour « Master Zen », pas d’équivoque. « Il faut continuer dans le triangle, assure-t-il à qui veut l’entendre. Il faut trouver des joueurs capables de mieux jouer le triangle. New York redorera son blason grâce au triangle ! » Il n’a que ce mot-là à la bouche. Certaines sources affirment même qu’il termine « 74% » de ses phrases ainsi. Et ce, absolument partout où il passe, de la sandwicherie à un concert de musique classique.

Seulement, la plupart de ses joueurs ne partagent pas cette même obsession. Pire, certains auraient du mal à se représenter le « triangle ». « Coach, je comprends pas, il est où le triangle là en fait ? », questionne par exemple fréquemment Derrick Williams, désemparé. Résultat, selon nos enregistrements, Phil Jackson, qui méprise profondément une partie de l’équipe, aurait lâché : « Certains n’ont pas inventé le protège-dent ici. Je crois qu’il faut revenir aux bases. Aux bases du « triangle ». Pythagore, isocèle et tout le bordel. On va prendre quelqu’un. » Sous-entendu, un mathématicien, ou plus simplement, un professeur des écoles pourrait intégrer l’équipe.

Revenir aux « bases » du basket, ce sera pour plus tard.

© photo : Keith Allison from Hanover, MD, USA [CC BY-SA 2.0], via Wikimedia Commons

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