Exclusivité Reportage proche du terrain 

Dans les coulisses d’une formation basket chez France TV

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« NBA sur écoute » a pu assister, en exclusivité, à l’une des formations des commentateurs spécialisés dans le basket, quelques jours avant le début des JO.

« Allo Jacques [Monclar] ? Ah merde… Tu ne peux toujours pas cette année. Tu restes sur BeIn alors. C’est dommage. On se rappelle au prochain Euro alors ? Allo ? Allo ? Ça a coupé merde… » Alors qu’il range son cellulaire dans la poche, Lionel Chamoulaud fait grise mine. Mais l’enthousiasme revient vite : « On repart avec la même équipe les gars ! »

Les « gars » ? Ce sont Jean-Philippe Guillin, Richard Dacoury et David Malarme, réunis face à lui dans une salle de réunion de France TV. La « Dream Team » du commentaire basket comme on les surnomme dans les couloirs du groupe, en référence à la fameuse équipe de Barcelone 92. Depuis des années, cette crème de la crème sévit sur les antennes du service public. Ce n’est pas prêt de s’arrêter maintenant, d’autant que les JO leur offrent une exposition sans pareil.

Cette excellence est cultivée compétition internationale après compétition internationale. Avant chaque événement de ce genre, l’équipe est réunie pour une session de (re)formation intensive. Ce jour-là, c’est donc Lionel Chamoulaud qui mène les débats.

« Bon les gars, on démarre simple. Le dernier champion NBA ?», interroge-t-il. Toujours alerte, Jean-Philippe Guillin lève le doigt et se lance : « En 96 c’était Jordan et les Bulls, nan ? » « Oui, mais cette année, là ? » « Ah ! Facile ! Y a un moyen mnémotechnique, c’est une histoire d’année paire et impaire je crois… Alors, c’est les Spurs cette année ! » « Oh putain vous avez vu ça ?, reprend-t-il en scrollant sur son appareil numérique. Apparemment, Kevin Durant a quitté OKC ! » De quoi donner le sourire à Richard Dacoury, pas dépité le moins du monde.

Être au service du public

Ces formations servent aussi à ça : se réajuster sur l’actualité basket, revoir quelques basiques, s’approprier les noms des joueurs, retravailler le bon vocabulaire aussi… « Bon, pour Rio, on repart sur le même dispositif au niveau du jargon ? », lâche Chamoulaud en distribuant une version papier d’un petit abécédaire technique. « L’action qui consiste à marquer en projetant le ballon dans l’arceau, à une ou deux mains ?» « Le smash, avant ou arrière…, rétorque Guillin, un peu blasé. Dis donc Lionel, on est obligé de passer par là ? On les connait nos classiques. » Plus loin, dans l’abécédaire, il est question de la « passe lobée pour le smash », ou encore le « dribble soudain d’une main à l’autre ». Probablement des références au « alley oop » ou encore au « cross-over ».

« Comme d’hab’ avec l’Espagne ? »

« Et on oublie pas, Jean-Phi, poursuit le « formateur » du jour, de demander régulièrement à Richard d’expliquer les faits de jeu. Du genre, « Richard, expliquez-nous pourquoi il tire des lancers-francs là, pour nos téléspectateurs qui n’ont pas l’habitude. » La défense, l’attaque, les décisions arbitrales… On est sur le service public, par conséquent au service du public. Pas comme ces péteux de BeIn. » « Et si la France tombe l’Espagne, on fait comme d’hab’ ? », questionne à nouveau Jean-Philippe. « Absolument, rétorque Lionel Chamoulaud. On pousse le curseur chauvinisme un peu plus loin. Et on dramatise à fond. On fait passer les Espagnols pour des fils de p***, mais sans tomber dans la mauvaise foi hein ! Sauf si les arbitres ne sifflent pas en notre faveur bien sûr. Là on crie au scandale. »

« Par contre les gars, interrompt Richard Dacoury, pour les incrustations avec les noms des joueurs, c’est plus possible là. Il faut faire quelque chose. » La remarque est notée sur un calepin. Après une heure et trente minutes de préparatifs, France TV est prêt. Les JO peuvent démarrer dans la sérénité. 

© photo : France Televisions Press (France Television) [CC0], via Wikimedia Commons

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