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Exclusivité Reportage proche du terrain 

Dans les coulisses de la réception des Cavs à la Maison-Blanche

Barack Obama recevait les Cavs et son successeur, Donald Trump, le même jour. Reportage.

8 h

Barack Obama vient de se réveiller. Une bise à Michelle encore endormie et il enfile ses pantoufles taille 39 aux couleurs des Bulls, et son peignoir au dos duquel une tête de pygargue semble hurler « FUCK THEM ALL ! ». L’homme attrape son mug moitié rempli d’un café froid de la veille et se grille un cigarillo vanille. « Fuck yeah, la journée va être longue », pense-t-il, en feuilletant son agenda.

10 h

Obama retrouve, dans le bureau ovale, son vice-président dont il peine à retenir le nom. Tous deux reçoivent de leurs conseillers le « Presidential Daily Briefing ». Cette dose quotidienne comporte toutes les informations sur l’état du monde. Y compris, et surtout, les derniers résultats NBA. « Et les Bulls ? Ils ont fait quoi ?, s’enquiert le président comme il le fait chaque matin. Putain mais virez-moi ce Rondo et ramenez-moi Rose ! » Après 17 bonnes minutes de débat houleux sur la gestion de l’effectif de sa franchise de cœur, la journée peut démarrer.

11 h

Son premier rendez-vous de la journée, et pas des moindres, est la visite d’un certain Donald Trump, élu pour prendre sa suite à la présidence. « Très mignonne ta secrétaire ! », glisse d’entrée de jeu le milliardaire sur le ton de la boutade. Moue d’Obama.

Ce dernier ne s’étend pas longtemps sur la situation intérieure du pays ou sur les enjeux internationaux. Il lâche une question qui fâche : « Qu’est-ce que tu penses du spacing des Bulls ? » Manque de pot, Trump ne connaît pas même un joueur de l’effectif. Obama est dépité, il craint pour l’avenir du pays.

Sans gène, son successeur enchaîne : « On se cale une date pour l’emménagement ? Ah et sinon, la moquette-là, elle est d’origine ? »

12 h 30

« Je reprendrais bien un peu de mousse au chocolat. »

14 h 20

Pour ce second rendez-vous de la journée, la mine est réjouie. Le jour et la nuit par rapport à la matinée. Comme le veut la tradition, le président reçoit les Cavaliers de Cleveland, dernier champions NBA. Sourire de façade et rage intérieure pour sa dernière cérémonie : « Lakers, Heat, Spurs… Huit ans que j’ai été au pouvoir et pas une seule fois ils n’ont été foutus de remporter le titre. Foutu Thibodeau et foutus Bulls ! »

La bande à LeBron James débarque le temps d’un joyeux bordel de 25 minutes : Channing Frye photobombe à tout va les selfies avec Michelle Obama ; J.R. Smith échange son numéro de portable avec le porteur d’une kalashnikov dans le jardin de la Maison-Blanche ; Kevin Love ouvre une à une les portes en demandant « Bah il est où Trump ? » ; James Jones attend patiemment dans un coin comme s’il était derrière une ligne à trois points imaginaire ; Tyronn Lue et Kyrie Irving, les plus turbulents, courent partout…

« Du calme mes enfants », finit par lâcher humblement LeBron James, désormais un habitué des lieux. Obama démarre son discours. « LeBron James Jones », la chemise de J.R. Smith, la défense de Kevin Love… Sans retenue et en grand orateur qu’il est, le président chambre à foison et passe en revue l’année des Cavs. Et lâche cette phrase forte : « En éliminant les Warriors, ils permettent aux Bulls de 1996 de rester la meilleure équipe de tous les temps. Votre Président vous en remercie. »

Fin du discours. Au moment de lui claquer la bise, Obama demande à LeBron : « Tu sais où tu signes dans deux ans ? Ça ne te dirait pas de rejouer avec ton pote D-Wade à tout hasard ? »

© photo : Insta LeBron James

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