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En quête de vérité 

Chez les Bucks, il ne se passe toujours rien

Alors que toutes les franchises NBA se préparent en coulisses à l’intersaison, les Bucks de Milwaukee, eux, ne font absolument rien.

« Si ça continue comme ça, je crois que je vais devoir supporter les Nets. Voire les Knicks. » La confidence est terrible. Elle est celle d’un pauvre supporteur des Bucks de Milwaukee. Cet anonyme déplore le manque d’activité de sa franchise favorite alors que la saison des transferts est sur le point de démarrer.

Ces dernières semaines, seulement deux infos sont remontées du côté des Bucks : la prolongation de contrat de trois ans pour Jason Kidd, et la récente draft de Thon Maker, un sud-Soudanais de 19 ans. Des nouvelles qui font jaser ce fan : « Confirmer Kidd alors qu’on rate les playoffs l’année dernière à cause de lui. Il fait n’importe quoi de l’équipe, alors qu’on a un effectif pour le top 5 à l’Est sans problème ! Et puis le choix de Thon Maker, un joueur qui commence déjà à faire des histoires à propos de son âge… Un type à embrouille encore, ça se passe de commentaire. »

Avancer masqué, le garant de la médiocrité

Mais ce qui agace encore plus ce supporteur, c’est la propension des Bucks à rester passif. Transfert, rumeurs… Milwaukee n’est évoquée absolument nulle part. Et ce, alors que toutes les franchises (à l’exception peut-être des Phoenix Suns) sont mentionnées.

Ce mutisme n’est pas tant étonnant pour une franchise habituée à avancer « cachée ». « C’est dans la culture du club vous savez, reconnaît Stan Douglas, un dirigeant de la franchise. Quand on signe Richard Jefferson en 2008, personne ne s’y attend. D’accord, on rate encore les playoffs cette année-là. Mais derrière, on peut drafter Brandon Jennings. Et puis il ne faut pas oublier le trade Ellis-Bogut, inattendu lui aussi. Un transfert gagnant-gagnant : le titre pour les Warriors, plusieurs tours de playoffs pour nous… »

L’anti télé-réalité

Tout-à-fait inattendu également ce transfert de Brandon Knight pour Michael Carter Williams en cours de saison 2015, alors que la machine Bucks tournait à toute vapeur. Puis à l’intersaison suivante, Milwaukee enchaîne avec la signature de Greg Monroe. « Des choix payants pour maintenir et assumer la médiocrité de la franchise », commente le dirigeant, favorable à la notion de reconstruction permanente. Depuis la finale de conférence de 2001 (avec la triplette Allen-Cassell-Robinson), les Bucks n’ont pas dépassé le cap des 46 victoires dans une conférence réputée faible. Pire, leurs 6 qualifications en playoffs, étalées sporadiquement sur 15 ans, se sont soldées par autant de sorties dès le premier tour.

Un analyste spécialisé dans la sociologie NBA commente la situation : « Prenez un candidat lambda de téléréalité. Ce qui lui importe, c’est qu’on parle de lui, en bien ou en mal. Les Bucks, c’est tout le contraire en fait. Faire le moins de bruit possible. Je crois que c’est lié à la « timidité » de la ville, une sorte de manque de confiance en soi. » Et c’est sans doute ce qui explique le peu d’engouement des free agents à l’égard du Wisconsin.

Prudence tout de même, car le chevreuil finit toujours par sortir du bois.

© photo : nikk_la (Flickr: IMG_9934) [CC BY 2.0], via Wikimedia Commons

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