Reportage proche du terrain 

81 points de Kobe : les ex-Raptors toujours traumatisés

Print Friendly, PDF & Email

Le 22 janvier 2006, Kobe Bryant scorait 81 points face à Toronto. 10 ans plus tard, les Raptors de l’époque se réunissent encore pour évoquer ce douloureux souvenir.

Kobe Bryant est aux Raptors version 2005-2006 ce qu’un rasoir est pour James Harden : une hantise. Jalen Rose, Mike James, Morris Peterson, Joey Graham… Tous ont en mémoire ce match hallucinant livré par l’arrière pré-retraité des Lakers.

« 28 sur 46 aux shoots dont 7 sur 13 à trois points… », récite Eric Williams, feuille de stats à la main, devant une partie de l’équipe de l’époque, écoutant religieusement. La scène a lieu au domicile de Chris Bosh. C’est là qu’ils se réunissent plusieurs fois par an. « Pour parler du match, revoir des images, comprendre ce qu’il s’est passé. Et pleurer ensemble aussi, beaucoup », décrit l’intérieur du Heat.

Ce « comité de soutien » est né sous son impulsion, quelques années après le drame. Pourquoi lui ? Car Chris Bosh est l’un des rares à s’en être remis. Partiellement du moins. « On ne s’en remet jamais totalement, défend-t-il. Ça m’arrive parfois d’être hyper stressé la nuit avant de jouer Durant par exemple. » La peur du recommencement.

Des carrières détruites

Malgré cela, Bosh a remporté deux titres avec le Heat. D’autres, au contraire, ont été stoppés net dans leur carrière, ce 22 janvier. Jalen Rose ? Un transfert quelques jours plus tard aux Knicks, puis une saison anecdotique aux Suns avec la retraite. Mike James ? 20 points de moyenne en 2005-2006, moitié moins l’année suivante avant une lente descente aux enfers. Même scénario pour « Mo » Peterson. Pape Sow, auteur ce soir-là de 4 points et 3 rebonds, n’a quasiment plus foulé les parquets depuis ce moment.

À chacune de ces réunions, les « Rapedtors », comme ils se surnomment, s’imposent un visionnage complet du match de 2006. « Pourquoi tu n’appelles pas la prise à deux, là Matt [Bonner] ? », reproche Joey Graham, devenu éleveur de chevaux dans l’Utah. Les critiques pleuvent. Les témoignages du traumatisme aussi. Comme celui de Charlie Villanueva : « Le moindre bruit, la nuit, me réveille. En sueur, je m’imagine qu’il est là, en train d’enchaîner les jump-shots dans mon jardin. »

« Comment a-t-on pu laisser faire ça ?, questionne Bosh. C’est dur de revivre ça… Mais c’est pour le bien de tout le monde. Année après année, on progresse. » Le groupe pourrait d’ailleurs s’agrandir dans les prochaines semaines. D’anciens témoins du match ont pris contact avec eux : Kwame Brown, Chris Mihm, et un certain Smush Parker. Ces 81 points ont fait plus de traumatisés qu’il n’y paraît.

Quelque chose à redire ?

comments

Related posts